Le Triangle des Bermudes est une zone de l’Océan Atlantique
de 3,9 millions de km2 délimitée par l’archipel des Bermudes, la côte est de
la Floride et l’île de Porto Rico.
Selon la légende, elle fut le théâtre d’un grand nombre de
disparitions de navires et d’aéronefs.
L’histoire moderne du Triangle des Bermudes commence avec la disparition du
Pickering, un bateau américain, vers 1800. Puis, dans l’ordre, disparurent :
- En 1866, le Lotta, un trois-mâts suédois.
- En 1868, le Viego, un navire marchand espagnol.
- En 1872, la Mary Celeste, bien qu’elle ait été retrouvée entre les Açores
et Gibraltar.
- En 1880, l’Atalanta, un navire-école britannique avec ses 290 élèves
officiers.
- En 1884, le Miramon, une goélette italienne.
- En 1918, le Cyclops, avec 300 marins, disparut sans envoyer de SOS.
- En 1925, le Raifuku Maru, un cargo japonais, disparut après avoir envoyé
le message suivant : « Danger like dagger now. Corne quick ! » (« Danger
poignard. Au secours. Vite ! »).
- En 1938, l’Anglo Australien. Son dernier message fut : « Temps idéal. Tout
va bien ».
- En 1945, l'escadrille 19 : cinq avions torpilleurs Avenger.
- En 1948, le Star Tiger, un appareil britannique qui assurait la liaison
Açores-Bermudes disparut, après avoir envoyé le message suivant : «
Conditions météo excellentes. Arriverons à l’heure prévue ».
- En 1948, un Douglas DC-3, faisant la liaison entre Porto Rico et la
Floride disparut. Le pilote aurait transmis les informations suivantes: «
Nous approchons de l’aéroport… Nous ne sommes plus qu’à 80 km au sud… Nous
apercevons les lumières de Miami… Tout va bien. Attendons les instructions
pour l’atterrissage ».
- En 1950, un cargo costaricain avec son équipage de 28 hommes par une mer
calme.
- En 1961, l’Albatross, un voilier école, sombra subitement au large de la
Floride emportant avec lui 6 des 19 membres d’équipage.
Le professeur Wayne Meshejian déclara que le satellite
météorologique de la National Océanographic Administration tombait
systématiquement en panne chaque fois qu’il passait au-dessus du Triangle
des Bermudes : « Une force que nous ne connaissons pas, précisa-t-il,
empêche le passage des informations ».
La légende a pris de l'ampleur avec la disparition d’une escadrille de cinq
chasseurs bombardiers le 5 décembre 1945 au large de la Floride, connu sous
le nom de Vol 19. Au bout d’une heure de vol, la base de Fort Lauderdale
reçut un appel du lieutenant leur annonçant qu’ils étaient perdus. Un
hydravion, parti à leur recherche, ne revint pas non plus.
De 1945 à 1975, une quarantaine d’avions et une cinquantaine de bateaux
auraient disparu sans lancer d’appel de détresse.
Parmi les hypothèses scientifiques, on a souvent invoqué des perturbations
magnétiques et des flatulences océaniques, soit des émissions sous-marines
d'un gaz hautement inflammable, le méthane qui diminuent fortement la
densité de l’eau jusqu’à provoquer une perte de flottabilité. Issue de la
décomposition d'éléments organiques comme le pétrole et le charbon, comprimé
par la grande profondeur et la température très basse de l'environnement,
libéré lors de la création de failles par l'activité tectonique. L'on trouve
d'autres gisements importants en mer du nord où certaines plateformes de
forage, navires et aéronefs ont été engloutis ou été pulvérisés par le même
phénomène.
Le nombre de disparitions rapporté n’est pas particulièrement élevé si l'on
tient compte des facteurs suivants:
- La superficie près de 4 millions de km2.
- L'importance du trafic maritime dans cette zone.
- L'importance des gisements d'hydrate de méthane et de l'activité
tectonique de la région.
- Les conditions météorologiques, chaotiques et imprévisibles sous ces
latitudes.
Plusieurs prétendus naufrages se sont révélés par la suite
de simples mystifications.
Pour certains, le mystère reste à éclaircir.
Pour d’autres, il n’y a pas de mystère, sauf peut-être la
propagation de la légende sur la base de faits si minces.
Un documentaire diffusé en 2003 par la chaîne National Geographic ne
mentionne pas d’anomalie particulière mesurée dans cette zone, hormis une
diminution légère du champ magnétique terrestre. Il rappelle en revanche
qu’on y observe les plus violentes tempêtes du globe, avec parfois des
vagues scélérates de huit mètres et plus de haut. En ce qui concerne le vol
19, c’est l’hypothèse d’une erreur de navigation de l’instructeur, formé
dans les Keys et ayant confondu la topographie des régions survolées avec
celles-ci au point de croire que son compas magnétique était déréglé, qui
est retenue comme la plus probable, leurs basses réserves de carburant étant
responsables de la perte de l’escadrille, retrouvée par hasard en 2000.
Les compagnies d’assurances, quant à elles, ne jugent pas utile à ce jour
de majorer leurs primes pour les navires ou avions amenés à traverser
cette zone.